Fontaine Saint Jean

            La Fontaine Saint-Jean de Chassenon

 

 

La dévotion à Saint-Jean faisait encore l'objet d'une procession religieuse après la guerre de 1939-45, puis le rituel a disparu. Avant la guerre, et depuis une date immémoriale, c'était principalement un parcours personnel afin de s’assurer de la bonne santé future de ses  moutons.

 

            Dans la description qui suit, extraite de son ouvrage « Dévotions et saints guérisseurs » publié en 1956, Marc Leproux présente les principales étapes de ce parcours. On remarquera que plusieurs monuments visités pendant la dévotion ont été modifiés depuis cinquante ans. La fontaine Saint-Jean est réduite à un simple regard, caché dans les ronces dont le trop-plein s'écoule dans le fossé le long de la route.  Quant aux cupules de la borne de granit située devant l'église, elles ont été recouvertes par une base en ciment et la croix de Saint-Jean a été déplacée le long d'un mur.

                                                                                                                               

La dévotion commence à la fontaine par une prière et l’on puise une provision d’eau destinée à l’aspersion des moutons.

Le « faiseur de dévotion » se dirige ensuite vers le centre du cimetière où il fait, en l’effleurant de la main droite, trois fois le tour de la croix qui surmonte une ancienne borne milliaire romaine, près des tombes des prêtres de la paroisse.

Puis il se rend à la croix de granit placée face à la porte de l’église et de nouveau il en fait trois fois le tour en priant sans oublier d’ introduire  son doigt à l’intérieur de la cupule de dévotion placé sur le piédestal de cette croix.

Il contourne alors l’église en prenant soin d’avoir celle-ci constamment à sa droite. Il marque un temps d’arrêt pour prier au niveau de l’autel, à l’extérieur.

Quant il a dépassé l’église, il se dirige alors à travers la place vers la croix de Saint Jean (elle était implantée au milieu du carrefour devant l’ancienne bascule). Il en fait, là aussi trois fois le tour en l’effleurant de la main.

Il revient vers l’église et il y pénètre pour prier devant le reliquaire de Saint-Jean-Baptiste de qui il implore la protection.

Avant de quitter les lieux il touche la statue en divers points et dépose des brins de laine à ses pieds, puis il allume un cierge à l’intention du saint.

Tous ces rites accomplis, il n’aura pas lieu de redouter la maladie des moutons, Saint Jean les préservera.

 

Les Amis de Chassenon  ont souhaité que cette tradition ne tombe pas dans l’oubli et ils ont pour projet de réhabiliter dans l’année l’emplacement de la fontaine Saint Jean avec l’aide de la municipalité de Chassenon. La Drac a donné son accord de principe et les travaux seront faits sous le contrôle de l ‘archéologue départementale.

Les visiteurs pourront revivre alors cette dévotion avec un document explicatif qui sera mis à leur disposition.

Les Amis de Chassenon


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