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Le samedi 13 avril, 50 personnes assistaient à la première conférence de la saison 2024, présentée par Christian Vernou, conservateur général du Patrimoine honoraire. |
En préambule, Christian Vernou adressait de chaleureux remerciements aux Amis de Chassenon et rendait hommage à l’Abbé Lecompte, son président de 1990 à 2005, homme de savoirs, une personnalité attachante et très impliquée pour la protection et le développement du site gallo-romain de Cassinomagus, avec qui il avait beaucoup travaillé de 1998 à 2002, lorsqu’il était conservateur départemental des musées et du Patrimoine de la Charente.
En rappelant les 30 ans de publication de son ouvrage, la Carte Archéologique de la Gaule, dédié au département de la Charente (16), co-écrit avec José Gomez de Soto, spécialiste de la Protohistoire et Claudine Vernou-Magister, il insistait sur la diversité et l’attrait du territoire charentais. Ses terrains sédimentaires riches à l’ouest, son réseau hydrologique fourni, avec le bassin du fleuve la Charente, son réseau terrestre varié : bois, plaines…favorisaient la mise en valeur du sol et la densité de population regroupant plusieurs provinces des Santons, des Petrocores, des Pictons et des Lemovices.
Le monde rural était parsemé de villae qui constituaient des unités de productions agricoles et des lieux de vie pour des propriétaires terriens (Embourie, Suaux ou Cognac). Les fouilles de nombreuses villae en attestent (L’age de Brassac, Haute-Sarrazine, Bourg-Charente…)
Des centres urbains appelés agglomérations secondaires telles que Saint Cybardeaux (Les Bouchauds), Chassenon, Mansle, Luxé-La Terne, pouvaient développer des habitats civils, des fonctions administratives, commerciales, artisanales ou encore d’accueil de voyageurs. Ces sites ont la spécificité de concentrer le tryptique d’édifices publics, généralement attribué aux capitales de cité, avec des thermes, un lieu de culte et un édifice de spectacles.
La voie romaine Via Agrippa d’Est en Ouest, reliant Lyon (Lugdunum, capitale de la Gaule romaine) à Saintes (Mediolanum Santonum) favorisait les échanges commerciaux et l’artisanat était très présent, de nombreux fours à chaux, fours de potiers, fours de verriers, de céramiques ont été découverts.
De nombreux croquis et multiples mesures relevés par les archéologues lors des fouilles successives, illustrent et confirment l’important patrimoine gallo-romain de la Charente et tous les cantons, toutes les communes de la Charente sont cités dans l'excellent ouvrage de la Carte Archéologique de la Gaule qui lui a été généreusement consacré.
Archéologue, Christian Vernou, sait parfaitement communiquer sa passion et grâce à lui, toute la Charente était mise en valeur.

Pour conclure sa brillante intervention, Christian Vernou soulignait le caractère exceptionnel du site antique de Cassinomagus, terrain de jeu favori de tous les archéologues, qui concentre de magnifiques vestiges dont celui des thermes, reconnus comme un des plus grands de la Gaule romaine. La découverte de nombreuses monnaies, sculptures, figurines en terre cuite, bijoux…) dans tout le périmètre et d’un important mobilier d’architecture (marbres, pilastres, corniches, frises…) mais aussi dans les champs, dans les nombreux puits (cruches, ex-voto, céramiques…) témoignent d’une réelle occupation gallo-romaine et de son intérêt incontestable pour tous les historiens du monde entier.
La Charente gallo-romaine dans son ensemble n’a pas encore livré tous ses secrets...
Les Amis de Chassenon



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