La collection Masfrand s'installe a Cassinomagus

 


                 De Rochechouart

                  à Cassinomagus

         une histoire de plus d'un siècle

 

La collection archéologique découverte à Chassenon que ce soit dans les Thermes ou encore à proximité dans le temple, dans le theâtre ou encore dans les puits bien connus des anciens de Chassenon est restée à Rochechouart de  1889 à 2011.

Le 22 septembre 2011, camion, chariot élévateur, archéologues se sont mobilisés pour permettre de sécuriser dans le dépôt de fouilles de Longeas cette extraordinaire collection.

Les Amis de Chassenon font aujourd’hui le vœux qu’elle soit au plus vite inventoriée et que les visiteurs puissent légitimement faire sa connaissance.

Mais l’histoire de cette collection mérite d’être connue, la voici donc sous la plume de Laurent Pelpel qui a œuvré activement pour son retour à Cassinomagus!

 

Photos J.Claude Barthout

 

 

            En mars 1889, plusieurs amateurs d'archéologie de la région de Rochechouart se mettent en       « Société », sous la houlette d'Albert Masfrand, afin de donner plus d'ampleur à leurs recherches. Ils visitent officiellement les ruines de Chassenon en juillet de la même année. Au cours de la décennie suivante, à l'aide de subventions du Ministère de l'Instruction Publique, huit puits sont vidés tandis que des sondages archéologiques sont réalisés au temple de Montelu, au Théâtre et au Palais de Longeas.

 

            Un musée à Rochechouart en 1894

 

            Dès sa création, la Société de Rochechouart se soucie de pouvoir présenter les collections qui résultent de ces premières fouilles. En août 1890, elle organise une importante exposition d'Anthropologie et d'Ethnographie au château, qui réunit les collections privées de ses membres et des amis de l'association. Deux salles sont consacrées à la numismatique et au gallo-romain. La manifestation reçoit 4500 visiteurs en un mois. Encouragée par ce succès, la Société va préparer l'installation d'un musée permanent qui ouvre ses portes le 1er juillet 1894. On y trouve les objets collectés dans les fouilles depuis 1889, augmentés au fil des années par les découvertes nouvelles. La pièce la plus remarquable est la statue de divinité gauloise accroupie exhumée à Chassenon en 1895. Le musée occupe quatre grandes salles situées au deuxième étage de l'aile nord du château. Il est ouvert les dimanches et jours de fêtes. Sa notoriété est déjà suffisante pour pouvoir envoyer une sélection d'objets à l'Exposition Universelle de 1900 à Paris.

 

            Dès le début du 20ème siècle, la Société de Rochechouart ne reçoit plus de subventions et voit son activité de fouilles se réduire. Mais elle reçoit des dons (1) et son budget lui permet d'acquérir quelques découvertes réalisées par des particuliers sur leur propriété. Le musée subit une première épreuve en 1915, quand les locaux sont vidés par un contingent de territoriaux, auquel le château venait d'être affecté. Des pièces sont perdues.

 

            L'action de Pierre Masfrand et du docteur Grézillier

 

            Reconstitué après l'armistice, le musée va vivoter jusqu'à ce que Pierre Masfrand, fils d'Albert, le reprenne en main en 1932. Le nouveau conservateur élargi les collections en achetant des moules céramiques à Lezoux (collection Raconnat – 1935), puis, après guerre, la collection Périllaud (2) de Chassenon (1952). Il réalise lui-même des fouilles à Chassenon, qui viendront compléter le musée (villa Bacchus, 1945). Mais surtout, il met en place une nouvelle muséographie. « Avec des vases, des amphores, des bouteilles et autres objets, on a reconstitué à l'intérieur du musée les boutiques du marchand de vins, du marchand de liqueurs et d'arômes semblables à celles se trouvant à Herculanum et à Pompei. Ces boutiques, meublées avec des objets recueillis au cours de fouilles, donnent une idée de ce qu'était l'existence à cette époque déjà reculée. » (3)

            A partir de 1943, la collection préhistorique est réorganisée par M. Raymond Berlaud, instituteur à Cussac, qui fera don de ses collections personnelles en 1969. Mais dès 1953, la Société de Rochechouart a cessé d'exister. En l'absence de clauses statutaires, la propriété des collections est transférée à la Ville de Rochechouart. L'Etat en confié le contrôle au conservateur du musée des Beaux-Arts de Limoges. Celui-ci délègue ses fonctions au docteur Grézillier qui crée en 1957 la Société des Amis de Rochechouart, afin d'être soutenu dans son action. Le musée semble sauvé. Les inventaires sont repris (4) et des articles sont publiés (5). Mais, depuis la création de la Société des Amis de Chassenon par Jean-Henri Moreau en 1958, le nouveau matériel issu des fouilles reste à Chassenon. Les locaux du château de Rochechouart sont réaménagés par la municipalité en 1967 mais ce renouveau sera de courte durée puisque, dès 1974, le château est affecté à un nouveau musée départemental d'art contemporain. Le déménagement du musée Masfrand se fait en 1991 dans de mauvaises conditions et plusieurs éléments de la collection se perdent.

 

            En accord avec les parties concernées, Sandra Sicard, archéologue départementale, réalise en 2002 un pré-inventaire photographique de la collection gallo-romaine de Rochechouart, qui contribue à souligner son intérêt. D'autres inventaires sont alors entrepris par le Département de la Charente. La municipalité de Rochechouart et les services des Affaires culturelles de l'Etat acceptent de mettre la collection en dépôt à la base archéologique de Chassenon. Cette solution permet d'en assurer la conservation et rapproche les objets de leur lieu de découverte, où ils pourront être exposés. (6)

                                                                                                                     Laurent Pelpel

 

(1)    Foureau, instituteur à Saint-Quentin-sur-Charente fait don au musée de sa collection d'outils néolithiques

(2)    P. Morin, Une intéressante promenade à Chassenon, « Musée - Radiesthésie », B.S.E.S.L., sept. 1937

(3)    J.A. sous-préfet, Histoire du château de Rochechouart, 1937

(4)    J.P. Daugas, Inventaire des collections préhistoriques et protohistoriques, DRAC Limousin 1966

            Brissaud, Inventaire de la collection gallo-romaine, 1967

(5)    Dc. Grézillier, Médaillons rhodaniens au Musée de Rochechouart, Cahiers rhodaniens, 1961

            Dc. Grézillier, Collection de moules de Lezoux au Musée de Rochechouart, OGAM, 1962

     Dc. Grézillier, Don du polissoir de la Villedieu (Gorre) au musée de Rochechouart, BSAHL, 1968

       (6) Le transfert a eu lieu le 22 septembte 2011


Les réactions

Avatar Christine Brabant masfrand

Trop contente de passer mes vacances en aout 2019 dans votre région,
je vais pouvoir enfin admirer la collection d'Albert Masfrand, mon arrière grand père paternel, j'en profiterai aussi pour continuer ma généalogie
A très  bientôt à Cassinomagus.
Cordialement   
Christine Barbant Masfrand

Le 01-10-2018 à 20:44:46

Avatar Christine Brabant masfrand

Trop contente de passer mes vacances en aout 2019 dans votre région,
je vais pouvoir enfin admirer la collection d'Albert Masfrand, mon arrière grand père paternel, j'en profiterai aussi pour continuer ma généalogie
A très  bientôt à Cassinomagus.
Cordialement   
Christine Barbant Masfrand

Le 01-10-2018 à 20:45:05

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